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Arnaque crypto : comment porter plainte et signaler en Belgique

Si vous venez d'être victime d'une arnaque aux cryptomonnaies en Belgique, faites deux choses dans la journée : déposez plainte auprès de votre police locale, et rendez publiques les adresses de portefeuille concernées.

La plainte ouvre l'enquête. Le signalement public agit immédiatement : l'adresse devient visible pour les équipes conformité des plateformes d'échange, pour les enquêteurs et pour la prochaine personne sur le point d'envoyer des fonds. Les deux démarches sont distinctes et aucune ne remplace l'autre.

Le délai compte plus que tout le reste. Plus tôt les adresses et les hachages de transaction sont documentés, plus la probabilité qu'une plateforme gèle les fonds avant leur dispersion est élevée.

L'essentiel

  • Le dépôt de plainte auprès de la police locale est le seul moyen qu'une enquête individuelle soit ouverte pour votre dossier. Les signalements aux autres canaux sont utiles, mais ils n'ouvrent pas d'enquête sur votre cas.
  • Le Point de Contact du SPF Économie — pointdecontact.belgique.be — centralise les signalements de fraudes, tromperies, arnaques et escroqueries. Un numéro d'information gratuit, le 0800 120 33, accompagne le dispositif.
  • La FSMA reçoit les plaintes concernant les investissements frauduleux en cryptomonnaies et publie des avertissements sur les prestataires de services sur crypto-actifs non autorisés.
  • Le Centre pour la Cybersécurité Belgique reçoit les messages et sites suspects à l'adresse [email protected].
  • La FSMA met explicitement en garde contre la fraude dite « recovery room » : les faux services de récupération qui ciblent les victimes d'arnaques à l'investissement.

Les premières heures

Arrêtez d'envoyer de l'argent. La majorité des victimes effectuent un dernier virement parce qu'on leur annonce des frais, une taxe ou une « libération de fonds » indispensable au retrait. Cette somme-là ne revient jamais.

Ensuite, dans cet ordre :

  1. Récupérez les adresses de destination et les hachages de transaction. Ils figurent dans l'historique de votre portefeuille ou de votre plateforme. C'est l'élément le plus important du dossier.
  2. Capturez tout avant disparition. Conversations WhatsApp ou Telegram intégrales, profil du contact, site de la plateforme, tableau de bord affichant vos prétendus gains. Ces sites ferment souvent en quelques jours.
  3. Prévenez votre banque si un virement ou un paiement par carte est intervenu à un moment de la chaîne.
  4. Prévenez la plateforme d'échange depuis laquelle vous avez envoyé les fonds.
  5. Déposez plainte auprès de la police locale.

Où signaler, et ce que chaque canal fait réellement

C'est le point que la plupart des victimes manquent, et il coûte du temps.

Police locale — pour ouvrir une enquête

Le dépôt de plainte auprès de votre zone de police locale est le seul moyen qu'une enquête individuelle soit ouverte pour votre dossier. Tous les autres signalements alimentent la connaissance des autorités et permettent d'avertir le public, mais ils ne déclenchent pas d'enquête sur votre cas.

Apportez le dossier imprimé ou sur clé USB. Une plainte qui se limite à « j'ai été victime d'une arnaque sur internet » ne soutient aucune enquête.

Point de Contact — pour le signalement centralisé

Le SPF Économie a mis en place un point de contact unique pour les fraudes, tromperies, arnaques et escroqueries, accessible sur pointdecontact.belgique.be. Un numéro d'information gratuit, le 0800 120 33, permet d'obtenir des précisions sur la démarche.

Le signalement permet à l'Inspection économique d'agir et évite que d'autres personnes tombent dans le même piège.

FSMA — pour les investissements frauduleux

L'Autorité des services et marchés financiers reçoit les plaintes concernant les investissements frauduleux en cryptomonnaies, et publie des avertissements sur les prestataires de services sur crypto-actifs qui opèrent sans autorisation. Consultez ces avertissements avant tout investissement, et signalez la plateforme afin qu'elle puisse y figurer.

Centre pour la Cybersécurité Belgique

Si le contact est venu par e-mail, par SMS ou via un site douteux, transmettez le message ou l'adresse à [email protected]. C'est rapide et cela alimente les blocages en amont.

Les pièces à réunir

  • Adresses de portefeuille destinataires
  • Hachage (TXID) de chaque transaction, avec date et heure
  • Captures intégrales des conversations, pas des extraits
  • URL exacte de la plateforme, du profil ou de l'annonce
  • Relevés bancaires, justificatifs de virement, preuves d'achat de cryptoactifs
  • Noms, numéros et adresses e-mail utilisés par vos interlocuteurs
  • Une chronologie écrite : premier contact, chaque versement, dernier échange

La « recovery room » : l'arnaque qui vise les victimes

La FSMA consacre un avertissement spécifique à ce schéma, ce qui donne une idée de sa fréquence.

Quelques semaines après une arnaque à l'investissement, un contact se présente pour récupérer votre argent. Parfois en se disant avocat, parfois en évoquant des relations dans une plateforme d'échange ou auprès des autorités. Parfois même en se faisant passer pour un régulateur. On vous demande un paiement d'avance, des « frais de procédure » ou un accès à distance à votre ordinateur.

C'est le même réseau, ou quelqu'un qui a racheté la liste des victimes. Les signaux sont constants :

  • Le contact vient d'eux, pas de vous
  • De l'argent est demandé avant toute prestation
  • Un résultat est garanti
  • Des contacts privilégiés ou une qualité officielle sont invoqués

Le dépôt de plainte est gratuit, et aucune autorité belge ne réclame de paiement d'avance pour récupérer des fonds.

Peut-on récupérer les fonds ?

Parfois. Bien plus rarement qu'annoncé.

Tout dépend d'une seule question : les fonds atteignent-ils un service soumis à des obligations de conformité — plateforme d'échange centralisée, prestataire de paiement — avant d'être dispersés ? Si oui, et si une plainte existe, une voie s'ouvre. Si les fonds transitent par des mélangeurs ou basculent vers des réseaux peu coopératifs, cette voie se referme largement.

Personne ne peut vous annoncer un taux de réussite honnêtement. Quiconque le fait au téléphone, sans avoir consulté une seule transaction, vous vend quelque chose.

Pourquoi rendre l'adresse publique

Une plainte avance au rythme de la procédure. Un signalement public agit tout de suite.

En publiant l'adresse, le hachage et l'URL sur Chainabuse, vous rendez cette information accessible aux équipes conformité des plateformes, aux enquêteurs et à toute personne qui cherche ce nom ou cette adresse avant d'envoyer des fonds. Chainabuse est gratuit, ouvert à tous, et regroupe les signalements portant sur une même adresse — des cas isolés deviennent un schéma lisible.

Souvent, la personne protégée n'est pas celle qui signale, mais celle qui cherche deux semaines plus tard et tombe sur l'avertissement.

Questions fréquentes

1. Où porter plainte pour une arnaque crypto en Belgique ?

Auprès de votre police locale. C'est le seul canal qui permet l'ouverture d'une enquête individuelle sur votre dossier. Signalez ensuite les faits au Point de Contact du SPF Économie et à la FSMA.

2. À quoi sert le Point de Contact ?

pointdecontact.belgique.be centralise les signalements de fraudes, tromperies, arnaques et escroqueries. Il permet à l'Inspection économique d'agir et d'avertir le public, mais il ne remplace pas la plainte auprès de la police.

3. Quand contacter la FSMA ?

Lorsque l'arnaque portait sur un investissement, y compris en cryptomonnaies. La FSMA reçoit ces plaintes et publie des avertissements sur les prestataires de services sur crypto-actifs non autorisés.

4. Qu'est-ce qu'une « recovery room » ?

Un faux service de récupération de fonds qui cible les personnes déjà victimes d'une arnaque à l'investissement. La FSMA met explicitement en garde contre ce schéma. Aucune autorité ne réclame de paiement d'avance pour récupérer des fonds.

5. Quelles pièces faut-il fournir ?

Les adresses de portefeuille destinataires, le hachage de chaque transaction, les captures intégrales des conversations, l'URL exacte de la plateforme, vos relevés bancaires et une chronologie écrite des faits.

6. Puis-je récupérer mon argent ?

C'est possible lorsque les fonds atteignent une plateforme soumise à des obligations de conformité et qu'une plainte appuie le gel. Ce n'est jamais garanti, et toute société promettant une récupération contre paiement d'avance doit être considérée comme frauduleuse.

7. Signaler sur Chainabuse équivaut-il à porter plainte ?

Non, et les deux sont utiles. La plainte ouvre l'enquête en Belgique. Le signalement sur Chainabuse rend l'adresse immédiatement visible pour les plateformes d'échange, les enquêteurs et les victimes potentielles dans tous les pays.

Signalez l'adresse de portefeuille sur Chainabuse — gratuitement, en quelques minutes.

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